Un monde, des mondes, des
contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube
(pourquoi pas ?), l'étoile.
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Formidable poème inspiré, proche de mes préoccupations de toujours. Que faisons-nous de la lumière qui nous est offerte ? Doit-on refuser ce qui nous est donné ? Gaspillerons-nous tous ces morceaux d'éternité ?
Au nom de quelle morale ? Au nom de quelles attentes ? Au nom de quel Ego ?
Les noms de Dieu et en particulier de son représentant
Appelé Jésus ou le Christ, selon les textes et les bouches,
Ont été employés, usés, abandonnés
Au long des berges du fleuve des vies
Comme de vides conques de mollusques.
Pourtant, si l'on palpe ces noms sacrés
Aujourd'hui exsangues, ces pétales blessés,
Ces soldes des océans de l'amour et de la peur,
Quelque chose demeure : une lèvre d'agate,
Une empreinte irisée qui tremble encor dans la lumière.
Tandis que l'on utilisait les noms de Dieu
Pour les meilleurs et pour les pires, pour les purs et pour les immondes,
Pour les blancs et les noirs, les assassins couverts de sang,
Et pour les victimes dorées calcinées au napalm,
Tandis que Nixon bénissait
Par les mains de Caïn ses condamnés à mort,
Tandis que l'on trouvait de moins en moins de traces divines
- et des moindres- sur la plage,
Les hommes ont entrepris d'étudier les couleurs,
L'avenir du miel, le signe de l'uranium ,
Ils ont cherché avec méfiance et espérance les moyens
Possibles de tuer et de ne pas se tuer, de s'organiser en colonnes,
D'aller toujours plus loin, sans répit, vers l'illimité.
Nous qui avons franchi ces âges à goût de sang,
A goût de décombres fumants, de cendre morte,
Et qui n'avons pas pour autant perdu la vue,
Nous nous sommes arrêtés souvent devant les noms de Dieu,
Nous les avons levés très tendrement car ils nous rappelaient
Ceux qui nous précédèrent, les premiers, ceux qui interrogèrent,
Ceux qui trouvèrent l'hymne de l'unité dans le malheur
Et maintenant en regardant les fragments vides où ce nom habita
Nous regrettons ces suaves quintessences
Pillées et gaspillées par le bien et le mal.
Publié par kristo à 22:53:25 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (3) | Permaliens
L'aurore que j'aime se lève la
nuit resplendissante et n'aura pas de couchant
Al-Hallâj
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