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Etoiles et tubes ?

Un monde, des mondes, des contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube (pourquoi pas ?), l'étoile.

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Pablo Neruda - Gautama Christ | 11 septembre 2007

 

Formidable poème inspiré, proche de mes préoccupations de toujours. Que faisons-nous de la lumière qui nous est offerte ? Doit-on refuser ce qui nous est donné ? Gaspillerons-nous tous ces morceaux d'éternité ?

Au nom de quelle morale ? Au nom de quelles attentes ? Au nom de quel Ego ?

 

Les noms de Dieu et en particulier de son représentant
Appelé Jésus ou le Christ, selon les textes et les bouches,
Ont été employés, usés, abandonnés
Au long des berges du fleuve des vies
Comme de vides conques de mollusques.
Pourtant, si l'on palpe ces noms sacrés
Aujourd'hui exsangues, ces pétales blessés,
Ces soldes des océans de l'amour et de la peur,
Quelque chose demeure : une lèvre d'agate,
Une empreinte irisée qui tremble encor dans la lumière.

Tandis que l'on utilisait les noms de Dieu
Pour les meilleurs et pour les pires, pour les purs et pour les immondes,
Pour les blancs et les noirs, les assassins couverts de sang,
Et pour les victimes dorées calcinées au napalm,
Tandis que Nixon bénissait
Par les mains de Caïn ses condamnés à mort,
Tandis que l'on trouvait de moins en moins de traces divines
- et des moindres- sur la plage,
Les hommes ont entrepris d'étudier les couleurs,
L'avenir du miel, le signe de l'uranium ,
Ils ont cherché avec méfiance et espérance les moyens
Possibles de tuer et de ne pas se tuer, de s'organiser en colonnes,
D'aller toujours plus loin, sans répit, vers l'illimité.

Nous qui avons franchi ces âges à goût de sang,
A goût de décombres fumants, de cendre morte,
Et qui n'avons pas pour autant perdu la vue,
Nous nous sommes arrêtés souvent devant les noms de Dieu,
Nous les avons levés très tendrement car ils nous rappelaient
Ceux qui nous précédèrent, les premiers, ceux qui interrogèrent,
Ceux qui trouvèrent l'hymne de l'unité dans le malheur
Et maintenant en regardant les fragments vides où ce nom habita
Nous regrettons ces suaves quintessences
Pillées et gaspillées par le bien et le mal.


Publié par kristo à 22:53:25 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (3) |

Haïku - Eté I | 08 septembre 2007


Entre les montagnes de soie,
Les oiseaux de métal gravent l'azur
De traits de feutre blanc.

 


Publié par kristo à 21:44:18 dans Poèsies persos | Commentaires (8) |

The Pogues – Dirty old town | 08 septembre 2007


Cette chanson a été écrite par Ewan MacColl en 1956. Elle se réfère à Salford à Manchester. La reprise par les Pogues en 1985 figure bien ces quartiers ouvriers de l'époque.

Une ballade simple qui prend aux tripes, qui sent la bière et le whisky. Un chanteur étonnant.

Les tabs:

G
I met my love, by the gas yard wall
C G
Dreamed a dream, by the old canal

I kissed my girl, by the factory wall
D Em
Dirty old town, dirty old town

****************************************
G
Clouds are drifting across the moon
C G
Cats are prowling on their beat
G
Spring's a girl from the streets at night
D Em
Dirty old town, dirty old town

****************************************
G
I heard a siren from the docks
C G
Saw a train set the night on fire
G
I smelled the spring on the smoky wind
D Em
Dirty old town, dirty old town

*****************************************
G
I'm going to make a big sharp axe
C
Shining steel tempered in the fire
G
I'll chop you down like an old dead tree
D Em
Dirty old town, dirty old town

********************************************
G
Clouds are drifting on the street
C
Cats are prowling on their beats
G
Springs a girl on the streets at night
D Em
Dirty old town, dirty old town

*********************************************

G
I met my love, by the gas yard wall
C
Dreamed a dream, by the old canal
G
I kissed my girl, by the factory wall
D Em
Dirty old town, dirty old town



Publié par kristo à 14:40:36 dans La musique que j'aime (non exhaustif) | Commentaires (4) |

Woody Allen - Quelques mots | 07 septembre 2007

 

  • "Les êtres humains sont divisés en deux: esprit et corps. L'esprit est attiré par de nobles aspirations comme la poésie et la philosophie. Tandis que le corps se tape tout le côté amusant. "
  • "L'univers n'est jamais qu'une idée fugitive dans l'esprit de Dieu - pensée joliment inquiétante, pour peu que vous veniez d'acheter une maison à crédit."
  • "Hé ! Ne vous moquez pas de la masturbation ! C'est faire l'amour avec quelqu'un qu'on aime..."
  • "- Vous avez été le grand amour de ma vie.
    - Oh, merci beaucoup. J'apprécie. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je meurs."
  • "- Le sexe sans amour est une expérience vide.
    - Oui, mais parmi les expériences vides, c'est une des meilleures !"
  • "Je ne peux pas autant écouter Wagner. Il me donne envie d'envahir la Pologne"


Pas mal non ?

Publié par kristo à 18:25:48 dans Humeurs | Commentaires (4) |

La ligne rouge. | 07 septembre 2007

Certains films impriment en vous une marque indélébile. Toujours, ces œuvres là, celles qui entrent en vous, ce sont celles qui soulèvent vos sentiments et vos émotions. Ce sont celles qui vous blessent, vous bouleversent, vous amusent ou vous étonnent.

Parfois, c'est aussi parce qu'elles réactivent en nous des souvenirs cachés, enfouis, patiemment confinés dans les limbes de notre cerveau. C'est un phénomène connu. Une sorte de geste d'autodéfense à un moment de notre vie où ne nous sommes pas prêts à faire face aux évènements et à leurs conséquences. Une période de nos existences qui s'est déroulée comme dans un rêve ou un cauchemar éveillé.

Je me rappelle ce temps là, dont personne n'a jamais rien su, dont personne ne sait plus rien. Les autres qui restent doivent, comme moi, avoir caché tout ça. Mais l'on peut toujours enterrer son passé : ce n'est pas la bonne solution. Il faut l'accepter et en tirer des leçons. « Nul passé ne mérite d'être revécu ». N'est-ce pas ?

J'étais jeune alors. J'étais fait de métal. J'étais invincible, dans une forme physique supérieure à la moyenne. J'étais un fauve, élastique et dangereux. J'ai aimé être cela. Je crois que je me posais peu de questions.

Ce pouvoir étrange, ces sensations malsaines... Je lisais la peur dans le regard des autres et cela me renforçait. Je me nourrissais de cette émotion addictive. J'ai aimé l'adrénaline provoquée par la mort toujours proche et ce sentiment de triomphe lorsqu'elle s'éloignait, ayant frappé ailleurs, juste un peu plus loin. Je m'enorgueillissais de mon aptitude, de mon instinct à pouvoir, d'un geste lucide et technique, avec une sérénité méthodique, avoir le choix de donner la mort ou pas... J'aimais le contact rassurant du fusil contre mon épaule. Le bruit occasionné par le mouvement synchronisé de ses pièces d'acier poli m'apaisait. J'étais un prédateur et il m'a fallu du temps pour considérer la conscience de la proie. Il m'a fallu du temps alors pour assimiler que le mal était dans l'inconscience des conséquences, dans l'immoralité des justifications et dans l'enfer de la manipulation.

C'était un autre temps et un autre pays que dans le film. Mais tout le reste est la même chose. Etrange d'ailleurs de voir les similitudes. La peur, le courage résigné, les amis et les ennemis qui tombent. La fille qui est censée vous attendre et à l'image de laquelle vous vous rattachez comme à une planche en pleine mer. Les balles qui sifflent, le coup de feu que vous entendez une éternité après avoir été touché. Il y a la douleur, le plaisir malsain, la haine et la folie. Il y a aussi les gestes simples, l'amitié, le dévouement et la compassion. Il y a la nature autour, indifférente, comme un spectacle surréaliste dans sa beauté, dans sa force et sa capacité à garder la vie. La guerre exacerbe tout ce qu'il y a d'humain en nous, le pire comme le meilleur. C'est bien là son seul intérêt.

C'est à croire que dans ces moments là, ceux qui les ont vécu finissent par considérer les mêmes visions. Ils atteignent souvent la même « ligne rouge ». J'étais alors un peu plus dans la peau du personnage de Sean Penn et comme pour lui, le vrai déclic s'est fait après l'irrémédiable. L'étincelle a jailli alors que la nuit fut tombée ailleurs, injuste...

Je regarde ces épaulettes dorées et le joli croissant de lune qui garnissent les gallons. Je les avais gardées comme un trophée. Je revois le visage de cet officier dont je ne comprenais pas la langue, les yeux basculant dans la mort, emplis d'une terrible lucidité. Je revois ce passage court, de la vie à l'absence de vie. Un voile dans le regard... Je garde aujourd'hui ces gallons comme un remord, comme un mémorial personnel à l'inconscience.

Alors à toi comme pour les autres, à vous tous qui étiez là, à vous tous qui êtes encore dans cet enfer, un peu partout dans le monde, notre seule chance est de garder l'étincelle.

Soldats : pardonnons-nous. Que pourrions nous faire d'autre ?

Ne jugez pas, vous qui lisez cela. Vous n'en n'avez ni le droit ni la légitimité. Nous même ne parvenons pas à le faire. Ou est le bien, ou est le mal ? Le chaos seul reste le maître. Qui donc pourrait peser les âmes à part Dieu ou ce qui peut lui ressembler ? Regardez et tournez votre oeil intérieur sur ce que vous auriez fait vous-même. Ne cherchez pas de réponses.

De ce temps là, j'ai sauvegardé ma capacité à m'émouvoir et j'ai gardé l'acuité de mon regard, posé, non plus sur la mort mais sur l'incroyable et fascinante beauté de la vie. Depuis ces instants là, je ne crois fondamentalement plus qu'en la vie et en l'au-delà des formes incarnées. Cette expérience m'a transformé. C'est déjà ça !

Je sais que j'en garderais toujours le souvenir amer, mais il y a encore de la place pour la rédemption, la douceur envers soi-même et les autres. Il y a encore des temps pour le rire, la légèreté, l'émotion et l'amour. Il y a du temps pour la vie, pour l'instant présent !

Les extraits du film que j'ai (mal) montés sont ceux qui évoquaient le plus de choses en moi. Les dialogues et les monologues sont magnifiques et sincères, éprouvés sans aucun doute. C'est la raison pour laquelle j'ai légèrement transformé la bande son. Voilà...


Tout est un mensonge. Tout ce qu'on entend, tout ce qu'on voit. Il en dégueule de partout. Ca n'arrête pas. Un mensonge après l'autre. T'es dans une boîte, une boîte qui se déplace. Ils veulent que tu meures ou que tu mentes avec eux. Il n'y a qu'une seule chose à faire : trouver quelque chose qui est à soi. Se fabriquer une île. Si je ne te revois pas dans cette vie, que j'en ressente le manque. Jette moi un regard, et ma vie sera à toi.

 

De la lumière aux ténèbres, de l'amour au conflit, ce sont les œuvres d'un même esprit, les traits d'un même visage. Oh, mon âme, recueille moi maintenant. Regarde à travers mes yeux les choses que tu as créé. Tout est lumineux !








Publié par kristo à 12:34:23 dans Tubulures | Commentaires (3) |

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