Un monde, des mondes, des
contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube
(pourquoi pas ?), l'étoile.
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Entendus ce soir sur France Culture, les yeux sur le halo des phares trouant la nuit. Ces extraits de lettres entre ces deux âmes. Des extraits lus par des comédiens. Des phrases venues de la nuit, articulées du bout de la route. Une grande émotion qui vous prend, sans trop savoir pourquoi, comme si ces mots, écrits au début du siècle dernier, résonnaient encore.
Dés que je peux, je cours acheter de quoi lire plus, de quoi vibrer encore aux cris écrits de cette poétesse russe que je ne connaissais pas encore mais que j'entendais depuis toujours.
Extrait d'une lettre du 31 décembre 1929 à Meudon
[...] Boris, avec toi je redoute chaque mot, voilà la raison de mon silence épistolaire. Car nous n'avons rien d'autre que les mots, nous y sommes condamnés. Car tout ce qui, avec d'autres, passe - sans mots, les mots sans voix, sans rectification par la voix. Le peu de chose prononcé (l'air a tout mangé) - est affirmé, muettement hurlé. Boris, d'ordinaire, dans toute relation humaine, les mots sont juste une main-forte, une béquille, une dernière extrémité, et l'extrémité l'est toujours - dernière. On dit bien - en guise d'adieu. Je ne sais pas si elle est vraiment de lui, mais Stépoune a eu une formule définitive : « Ce qui a perdu les romantiques, c'est d'avoir toujours été les derniers. » Chacune de nos lettres est la dernière. Tantôt - la dernière avant notre rencontre, tantôt - la dernière pour toujours. Peut-être est-ce d'écrire rarement que tout reprend à neuf - à chaque fois. L'âme se nourrit de la vie, ici l'âme se nourrit de l'âme, auto-dévoration, impasse. [...]
Quinze Lettres de Marina Tsvetaeva à Boris Pasternak, éditions Clémence Hiv
Publié par kristo à 23:11:47 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (0) | Permaliens
L'aurore que j'aime se lève la
nuit resplendissante et n'aura pas de couchant
Al-Hallâj
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