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Etoiles et tubes ?

Un monde, des mondes, des contradictions, des extrêmes et au milieu, quelque part, peut-être dans un tube (pourquoi pas ?), l'étoile.

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Goethe - RÉCONCILIATION | 29 août 2007

 

   La passion amène les souffrances ! Qui calmerait

Un cœur oppressé qui a trop perdu ?

Où sont les heures si vite envolées ?

En vain choisis-tu le plus beau !

L'esprit est troublé, les intentions confuses ;

Le vaste monde, comme il s'amoindrit pour les sens !

 

 

   Alors la musique s'élève sur ses ailes angéliques,

Entrelaçant les sons par milliers,

Pour pénétrer l'homme de part en part,

Pour l'emplir de l'éternelle beauté :

L'œil se mouille, il sent dans un plus haut élan

La valeur divine des sons comme des larmes.

 

 

   Et le cœur ainsi allégé s'aperçoit soudain

Qu'il vit encore, qu'il bat et voudrait battre,

Signe de pure gratitude pour ce splendide présent,

Il s'offre lui-même en libre sacrifice.

Il éprouverait alors, ô que ce fût pour toujours ! -

Le double bonheur des sons et de l'amour.

 

 

Publié par kristo à 15:39:55 dans Les poèsies que j'aime | Commentaires (3) |

Nul passé ne mérite d'être revécu (suite) | 29 août 2007

C'est une phrase de Goethe que j'avais repris sur un post précédent. J'y reviens aujourd'hui, de façon synthétique.

Je pense que le passé ne doit pas être oublié mais il convient de situer l'événement échu dans les conditions même du passé. C'est là être pragmatique et réaliste.

 

De la sorte, nul passé ne mérite d'être revécu puisque les conditions de l'événement ne seront plus jamais les mêmes. Pourquoi se lamenter et se torturer ? Vouloir revivre un passé, c'est s'enfermer dans une boucle qui empêche toute réalisation de l'instant, toute propension à accueillir l'événement nouveau et donc, oblitère les conditions de l'avenir.

 

Vivre (au réel sens du mot) dans le passé, c'est s'attacher encore des chaînes supplémentaires dont, vous en conviendrez, nous n'avons nul besoin ! (Nous en avons déjà tellement !).

 

Vivre dans le passé, c'est mourir, avant terme, à cette existence des formes dans laquelle nous manquerions l'expérimentation de la joie !

 

Ainsi, pour répondre à Marie, si avoir souffert ne s'oublie pas, souffrir passe. Ainsi, sans rien oublier, je pense qu'il est inutile de vouloir reproduire un événement s'il ne tient pas compte d'une réalité nouvelle et changeante.

 

Oui, deux âmes peuvent se consumer, brûlant d'un même feu mais il n'est pas de vrai changement qui ne soit pas radical et chaque âme doit aller à sa mesure. Chacun doit prendre conscience du chemin à suivre, du prix à payer et de ce qu'il est prêt à mettre sur la table.

 

Personne ne devrait jamais forcer l'autre : l'âme reste par nature essentiellement libre, en rapport unique de conscience avec la morale, son évolution et peut être même, pour ceux qui y croient, avec Dieu. (Même si l'autre, consciemment ou non, est dans l'attente d'une transformation qu'il voudrait vous voir lui imposer de force).

 

Sans doute ainsi nous rapprochons-nous d'une vérité fondamentale considérant que tout, partout, incessamment, est en mouvement et qu'il n'est rien de durable dans l'univers qui ne change et se transforme.

 

 

Pour conclure, cet extrait de « Elégie de Marienbaud » de Goethe :

 

C'est comme si elle disait : « Heure après heure

« La vie nous est aimablement offerte,

« Le passé nous laisse un piètre savoir,

« L'avenir, le connaître nous est interdit ;

« Et comme je redoutais la venue du soir,

« Le soleil sombra, et ce que je vis faisait encore ma joie.

 

 

« Fais comme moi et regarde, avec une joie tolérante,

« L'instant en face ! Nul atermoiement !

« Va vite à sa rencontre, bienveillant parce que vivant,

« Voue-toi à l'action, pour la joie, dévoue-toi à l'Amour ;

« Où tu es, que tout soit, dans une éternelle enfance,

« Et ainsi tu es tout, tu es invincible. »

 

 

 

Publié par kristo à 15:27:43 dans Tubulures | Commentaires (3) |

Après avoir revu « Gladiator » | 26 août 2007

 


Du meilleur et du pire,
De Dieu à l'adversaire,
Du plus sérieux au rire,
De l'amour à la guerre.

Des empreintes dans le sable,
Un murmure dans le vent,
Un destin supportable,
Un venin dans le sang.

Sur le chemin que l'on suit
Il arrive quelquefois
Qu'au décompte de sa vie,
On additionne ses choix.

De la somme, l'on déduit
Cette ultime vérité :
Ce que l'on fait dans sa vie,
Résonne dans l'éternité.

 

Publié par kristo à 21:10:17 dans Humeurs | Commentaires (2) |

Enya - May it be (B.O. le seigneur des anneaux) | 25 août 2007

J'adore cette chanson. Elle m'emmène loin. Elle fait vibrer quelque chose en moi.

Ces airs celtiques, cette voix... Il y a de la belle magie, de l'espoir, de l'ombre et de la lumière. Et puis, il y a évidemment le film dont elle illustre bien certains passages!

Et les paroles vont avec.

Believe and you will find your way...

Comme d'hab., les TABS!

Em C
May it be an evening star
G D
Shines down upon you
Em C
May it be when darkness falls
G D
Your heart will be true
C G
You walk a lonely road
C D
Oh!How far you are from home


G Em C G
Mornie utúlië (darkness has come)
Em D C D
Believe and you will find your way
G Em C G
Mornie alantië (darkness has fallen)
Em D C D
A promise lives within you know


Em C
May it be shadows call
G D
Will fly away
Em C
May it be your journey on
G D
To light the day
C G
When the night is overcome
C D
You may rise to find the sun

G Em C G
Mornie utúlië (darkness has come)
Em D C D
Believe and you will find your way
G Em C G
Mornie alantië (darkness has fallen)
Em D C D
A promise lives within you know
Em D C G
A promise lives within you know


Publié par kristo à 14:56:22 dans La musique que j'aime (non exhaustif) | Commentaires (5) |

Certes... | 24 août 2007

Alors voilà. Certes, de retour. Pas de vacances au Portugal comme prévu. Modification de dernière minute pour faire face aux évènements. C'est ainsi. Les choses changent. La vie, c'est la transformation. L'univers lui-même est le témoin que tout, perpétuellement, est en mouvement. Nous ne devrions donc pas en être surpris lorsqu'à l'échelle de nos vies, nous avons l'occasion de le vérifier. Il n'empêche que ces leçons sont parfois difficiles à acquitter.

Un papa qui fait une insuffisance respiratoire nécessitant une hospitalisation puis une marche forcée vers une maison de retraite médicalisée. Certes, un établissement privé. Certes, il n'y a rien dans ce joli château aménagé de l'image glauque du trou à vieux, du mouroir aux odeurs moisies ou de l'antichambre de la mort. Certes, aujourd'hui, nous pouvons vivre vieux.

Certes, chanceux que nous sommes dans ce 21ème siècle, notre attente peut durer longtemps. Nos forces vives peuvent s'épuiser à loisir, couler de nos corps comme une fuite sur un pneu percé, mollement, lentement, graduellement. Encore nous pouvons vivre, intubés, mesurés, reliés aux machines sans âmes.

Ainsi s'affiche la malédiction qui nous rend spectateurs de notre descente vers la mort avec, à chaque jour qui passe, encore un peu moins de souffle, encore un peu moins d'énergie, encore un peu moins de vie. Nous devrons mourir couchés, alités, surveillés, impuissants dans les bras professionnels des infirmières dévouées.

Comme, en vieillissant, la mémoire courte s'efface et que les vieux souvenirs restent, notre cerveau, qui croira encore avoir 30 ans, aura tout le loisir de mesurer l'écart entre l'imaginé et le réel. Dans l'univers stérile de cet enfer blanc, nous rendrons ce dernier souffle, démissionnés de ces engagements, de ces volontés, de ces choix qui font de nous des Hommes.

Sans doute, loin des nôtres, nous n'échapperons pas à la conscience médicale des internes urgentistes ou de la science respectée d'un spécialiste patientant pour reprendre sa partie de golf interrompue par notre fin imminente. C'est la loi nouvelle. Certes.

Papa a donc quitté sa maison dans laquelle son état physique ne lui permettait plus de vivre. Nous, ses fils, nous étions là pour tenter de l'aider un peu dans ce moment difficile. Tous, nous avons essayé de faire ce que nous pouvions, entre la douleur, la pitié et les souvenirs surgissant du passé. Nous avons éprouvé la terrible sensation de la vieillesse qui s'était emparée de cet homme comme la brute expérience du temps qui, sur nous également, avait déjà insidieusement laissé ses marques.

Hier à peine, ce père nous prenait dans ses bras, riant aux éclats. La force et la vie coulaient en lui et il semblait que cela ne pouvait avoir de fin. Il y a si peu de temps encore, nous respections sa colère et obéissions avec crainte à ses injonctions. Hier encore, il était un Dieu, présidant à nos destinées, garantissant notre sécurité. Hier, il ne pouvait rien nous arriver. Aujourd'hui, voilà que je contemple son visage émacié, défait, faible et pâle. Voilà que, sous mes yeux, cet arbre sous lequel nous nous protégions se rabougrit, s'étiole, se prépare indubitablement au grand hiver.

Et moi qui voudrais tant pouvoir faire quelque chose, voilà que je fais face à la terrible expérience de la résignation contrainte. Je ne peux rien de plus. Il n'y a rien à faire. Un « au revoir » pendant lequel on tente de banaliser les choses, de les rendre comme avant, d'entretenir l'illusion, encore, comme un calmant dérisoire.

« Je repasserais bientôt Papa et je t'appelle demain ».

Un dernier regard durant lequel on ramasserait bien cette croix pour aider ce vieux monsieur privé de forces à la traîner. La porter pour lui, un peu, afin de lui donner une partie de cette énergie qui lui permettrait de vivre encore à la hauteur de son âme, sans tristesse, pour garder le goût des choses et l'envie encore. Hélas, nous sommes toujours seuls face à notre propre drame. Jamais cette phrase ne m'avait parue aussi évidente.

Fermer la grande maison déjà si vide. Monter dans la voiture et repartir vers la vie qui attend. Ici. Oui, je suis de retour mais un bout de moi restera toujours dans cette parenthèse de temps, dans les bras de papa, brave, fort et riant aux éclats. Mon fils me regarde et je me revois à son âge. Oui, je suis revenu et je suis devenu mon père. La roue tourne, les choses changent : c'est la loi.

Ce soir, en regardant le ciel de mon jardin, je sais que les étoiles brillent au dessus des nuages. Demain, la télévision dit qu'il fera beau. Je respire un grand bol d'air.

Je t'aime papa.

Certes...


Publié par kristo à 22:56:46 dans Humeurs | Commentaires (5) |

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